Isabelle Blanc
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Galeries

Clairs de nuit, Chap. 2

Paris la Notte

Au pays des Hommes Masqués

Dans le faisceau des phares

Terreurs nocturnes

 

 

 

L’obsession nocturne.

Dans la série Paris la Notte, il y a ces voies ferrées, Gare du Nord, comme un échappatoire, à portée de main.

Je porte en moi la révolte contre tout ce qui retient, limite, empêche ; cette révolte est étroitement liée à l’appel de l’ailleurs, le besoin éperdu de s’évader et de découvrir l’inconnu. Ce sont les limites qui aliènent, tandis que l’inconnu libère comme un oxygène vital.

Ce refus de l’enfermement et son corollaire me paraissent essentiels. C’est pour cela que la lumière  m’apparaît plus inquiétante que la nuit qui l’entoure, parce qu’elle la délimite et l’arrête (Dans le faisceau des phares). Parce que le mystère et l’inconnu protégés par la nuit - source de vie, car de découverte - sont fait prisonniers, capturés par la lumière, et ainsi soudain révélés, donc finis. Donc morts.

Quant à la peur et au monde souterrain (Terreurs nocturnes, Au Pays des Hommes Masqués), je les agite comme on jette des pavés dans la marre pour faire jaillir des souvenirs refoulés de l’enfance.

C’est alors que surgit la nuit (Clairs de nuit), la vraie. Pas l’obscurité, la nuit. Loin de la brutalité des lumières, je peux enfin m’apaiser, les pupilles dilatées, et m’immerger dans ce nouvel univers où tous les sens sont en éveil, proches d’un état animal. Rien n’est plus beau que cette nuit claire, où je peux évoluer à pas feutrés.

Là enfin, c’est serein. Et excitant.