Isabelle Blanc
Photographies

 

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Clairs de nuit
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Jour et Nuit

Paris la nuit

Au pays des Hommes-masques

Dans le faisceau des phares

Terreurs nocturnes

 

 

 

L’obsession nocturne

En m’appuyant sur une écriture photographique narrative, j’explore la fascination exercée par la nuit, et les peurs et fantasmes qu’elle suscite. Cinéaste de formation, je suis hantée par le pouvoir de suggestion du cinéma, et par la faculté de la fiction et des moyens cinématographiques de nous mettre en lien avec les mondes inconscients.

La nuit, projection d’un autre monde ? En quoi les peurs liées à la nuit touchent-elles tout un chacun ? Pourquoi incarne-t-elle à ce point le fantasme commun ?
Dans Lost Highway, de David Lynch,  un plan résume clairement cette thématique : dans un climat tendu, le héros, se sachant observé, se lève la nuit de son lit à la recherche du voyeur et entre dans un couloir sombre ; l’obscurité le happe progressivement et le personnage finit par se dissoudre complètement dans le noir. Pour les spectateurs, c’est un rappel profond et remuant de la peur du noir de l’enfance.

La lumière me touche quand elle fonctionne comme une source émotionnelle de sensations fortes – terreurs ou angoisses, et soulagements. Mon envie de photographier naît lorsque je me trouve en présence d’ une lumière qui met un lieu en tension, et qu’elle génère une idée fictionnelle : là, dans ce décor, avec cette lumière, pourrait surgir quelqu’un, ou quelque chose ; là, pourrait se produire un drame. La lumière ramène le hors-champ à l'intérieur de l'image : vu le caractère anodin ou dérisoire de ce qui est éclairé, ce qui est digne d'intérêt, ce qui risque d'arriver, est tapi dans l'obscurité. Hors-champ temporel également, la scène donne l'impression d'un arrêt sur image de l’instant d’avant (le drame).

Traversée du miroir, basculement de l’autre côté de la lumière, de la peur, de la nuit, du temps... ?